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Expériences sur la température

Zéro absolu

Le zéro absolu est la température la plus basse théoriquement atteignable, correspondant à 0 Kelvin (K) ou -273,15 degrés Celsius. À cette température limite, les particules d’un système possèdent leur énergie minimale, l’énergie de point zéro quantique, et tout mouvement thermique cesse.

Observer expérimentalement le zéro absolu

Le zéro absolu ne se mesure pas avec un smartphone : le téléphone ne renferme aucun gaz à volume constant et son baromètre ne lit que la pression atmosphérique ambiante, qui ne dépend pas de la température de la pièce. On peut en revanche comprendre la démarche historique qui a permis de l’estimer.

Démarche conceptuelle (loi de Gay-Lussac) :

  • En laboratoire, on enferme une quantité fixe de gaz dans un récipient de volume constant
  • On mesure sa pression P pour plusieurs températures T (en °C)
  • On trace le graphique P en fonction de T : les points s’alignent sur une droite
  • En prolongeant cette droite jusqu’à P = 0, on trouve qu’elle coupe l’axe des températures à -273,15°C
  • Cette intersection, identique quel que soit le gaz utilisé, correspond au zéro absolu où la pression tendrait vers zéro

Activités scientifiques sur ce thème

Le concept de zéro absolu peut être exploré à travers plusieurs activités :

Prolongements possibles : étude en laboratoire de la relation entre pression et température d’un gaz à volume constant, et estimation du zéro absolu par extrapolation de la droite de Gay-Lussac.

En savoir plus

Histoire de la découverte :

L’existence d’une température minimale a été pressentie dès le XVIIe siècle. Guillaume Amontons (1702) a remarqué que la pression d’un gaz diminuait linéairement avec la température et a extrapolé vers une “température de froid absolu”.

Jacques Charles (1787) et Joseph Gay-Lussac (1802) ont précisé cette relation. En extrapolant leurs mesures de dilatation des gaz, ils ont estimé le zéro absolu autour de -273°C.

William Thomson (Lord Kelvin) a formalisé le concept en 1848 en introduisant l’échelle de température absolue qui porte son nom. Il a démontré que cette limite était fondamentale et indépendante de la nature du gaz utilisé.

Pourquoi le zéro absolu est-il inatteignable ?

Le troisième principe de la thermodynamique (théorème de Nernst, 1906) stipule qu’il est impossible d’atteindre le zéro absolu en un nombre fini d’opérations. Plus on s’en approche, plus il devient difficile d’extraire de l’énergie du système.

Cependant, les physiciens ont réussi à atteindre des températures extraordinairement basses :

  • Refroidissement laser : quelques microkelvins (10⁻⁶ K)
  • Condensats de Bose-Einstein : quelques nanokelvins (10⁻⁹ K)
  • Record actuel : environ 100 picokelvins (10⁻¹⁰ K)

L’énergie de point zéro :

Même au zéro absolu, la mécanique quantique prédit qu’un système conserve une énergie résiduelle appelée “énergie de point zéro”. Cette énergie est une conséquence du principe d’incertitude de Heisenberg : les particules ne peuvent jamais être parfaitement immobiles.

Phénomènes à très basse température :

Près du zéro absolu, des phénomènes quantiques remarquables apparaissent :

  • Supraconductivité : résistance électrique nulle
  • Superfluidité : viscosité nulle de l’hélium liquide
  • Condensat de Bose-Einstein : tous les atomes occupent le même état quantique

Formule

Conversion entre échelles de température :

T(K) = T(°C) + 273,15

T(°C) = T(K) - 273,15

Valeur du zéro absolu :

  • 0 K (Kelvin)
  • -273,15 °C (Celsius)
  • -459,67 °F (Fahrenheit)

Énergie cinétique moyenne d’une particule :

E = (3/2) kB T

où kB = 1,38 × 10⁻²³ J/K (constante de Boltzmann)

À T = 0 K, cette énergie classique est nulle (mais l’énergie quantique de point zéro subsiste).

Exemples d’application

  • Étalonnage des thermomètres et définition de l’échelle Kelvin
  • Cryogénie industrielle pour la liquéfaction des gaz (azote, hélium)
  • Supraconducteurs pour les IRM médicaux et les accélérateurs de particules
  • Recherche en physique quantique et condensats de Bose-Einstein
  • Conservation cryogénique d’échantillons biologiques
  • Détecteurs infrarouges refroidis pour l’astronomie

FAQ

Q : Peut-on atteindre le zéro absolu ? R : Non, le troisième principe de la thermodynamique interdit d’atteindre exactement 0 K. On peut s’en approcher asymptotiquement, mais jamais l’atteindre en un nombre fini d’étapes. Les records actuels sont de l’ordre de 10⁻¹⁰ K.

Q : Que se passe-t-il au zéro absolu ? R : Théoriquement, tout mouvement thermique cesse. En pratique, la mécanique quantique impose une énergie résiduelle (énergie de point zéro). Des phénomènes quantiques comme la supraconductivité et la superfluidité apparaissent à très basse température.

Q : Pourquoi l’échelle Kelvin n’a-t-elle pas de valeurs négatives ? R : L’échelle Kelvin est une échelle absolue basée sur l’énergie cinétique des molécules. Comme l’énergie cinétique ne peut pas être négative, la température en Kelvin ne peut pas l’être non plus. 0 K correspond à l’énergie minimale possible.

Q : Quelle est la température la plus basse mesurée sur Terre ? R : En laboratoire, des physiciens ont atteint environ 100 picokelvins (10⁻¹⁰ K) avec des atomes refroidis par laser. Dans la nature, la température la plus basse enregistrée est -89,2°C en Antarctique.

Q : L’espace est-il au zéro absolu ? R : Non, l’espace a une température d’environ 2,7 K due au rayonnement fossile du Big Bang (fond diffus cosmologique). Certaines régions peuvent être plus froides, mais pas au zéro absolu.

Concepts liés

Température - Échelle Kelvin - Loi des gaz parfaits - Thermodynamique - Énergie cinétique - Constante de Boltzmann - Supraconductivité - Superfluidité - Troisième principe de la thermodynamique

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