Ondes et sons 1re–Supérieur 20 minutes

Interférences sonores destructives

Comment fonctionne la technologie de réduction de bruit active de casques audio ?

Par Christophe Chazot · Mis à jour le 15 janvier 2025

Illustration de l'activité Interférences sonores destructives

Description détaillée

L'élève découvre la nature ondulatoire des ondes sonores et les interférences. Il en déduit comment fonctionnent les fonctionnalités de réduction de bruit sur les casques d'écoute modernes. L'application FizziQ permet de générer un son pur constant depuis sa bibliothèque de sons et de mesurer en temps réel l'amplitude sonore captée par le microphone du smartphone pour repérer les zones d'interférence.

Objectifs pédagogiques

  • Comprendre le principe de superposition des ondes sonores.
  • Identifier les interférences constructives et destructives.
  • Mesurer l’intensité sonore en différents points de l’espace.
  • Relier un phénomène expérimental au fonctionnement des casques à réduction active du bruit.

Instruments et capteurs

Instruments scientifiques

  • Générateur de fréquences
  • Sonomètre / niveau sonore

Capteurs

  • Microphone

Fonctionnalités FizziQ

  • Bibliothèque de sons — Sélection d'un son pur à 680 Hz pour produire une fréquence constante sur les deux smartphones émetteurs.

Matériel nécessaire

  • Trois smartphones équipés de l'application FizziQ (deux servant de générateurs de fréquence, un troisième pour mesurer le son)
  • Un espace calme avec peu d'échos
  • Un mètre ruban pour mesurer les distances
  • Note : le protocole reste adaptable à tout autre outil de mesure sonore comparable.

Protocole expérimental

1

Formule une hypothèse : comment un casque à réduction de bruit active parvient-il à réduire les bruits ambiants ? Note ton idée avant de commencer l'expérience.

2

Tu as besoin de 3 smartphones sur lesquels est installée l'application FizziQ. Deux smartphones servent de générateur de fréquence et le troisième est utilisé pour mesurer le son.

3

Dans la bibliothèque de sons, sélectionne le son 680 Hz qui produira un son constant à cette fréquence. Règle le volume des deux portables pour qu'ils produisent des sons d'intensités sonores à peu près équivalentes.

4

Place les deux portables émetteurs à une distance d'environ deux mètres, et mesure l'amplitude du signal en déplaçant ton troisième portable entre les sources de son.

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Que constates-tu ? Marque les endroits où l'amplitude sonore est la plus faible et les endroits où l'amplitude sonore est la plus forte.

6

Approche ton oreille de ces endroits, tu peux vérifier que le son est effectivement plus fort ou faible.

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Comment expliques-tu ce phénomène ? Peux-tu prédire l'écartement entre les points d'amplitude les plus faibles ?

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Peux-tu en déduire comment fonctionne la technologie de réduction active des bruits ambiants ?

Résultats attendus

Des zones alternées de son fort et de son faible apparaissent entre les deux sources sonores.

La distance entre deux zones de minimum sonore successives est régulière et dépend de la longueur d’onde du son émis.

Pour une fréquence de 680 Hz, les zones d’atténuation sonore sont espacées d’environ 25 cm.

Ces observations permettent de comprendre comment une onde sonore peut être annulée par une autre onde en opposition de phase.

Comme les deux sources ne sont pas synchronisées entre elles, la position exacte des minima peut dériver lentement au cours du temps ; on cherche donc l'alternance des zones plutôt qu'un point de silence parfaitement stable.

Questions scientifiques possibles

  • Pourquoi certaines zones sont-elles plus silencieuses que d’autres ?
  • Comment expliquer l’apparition de zones de son faible entre deux sources ?
  • Peut-on prévoir la distance entre deux zones d’annulation sonore ?
  • Comment ce phénomène est-il utilisé dans les casques à réduction de bruit active ?

Explications scientifiques

Lorsque deux ondes sonores de même fréquence se rencontrent, elles se superposent selon le principe d'interférence. Cette superposition peut être: 1) Constructive, lorsque les maxima des ondes coïncident, doublant l'amplitude et quadruplant l'intensité sonore; 2) Destructive, lorsque le maximum d'une onde coïncide avec le minimum de l'autre, conduisant idéalement à une annulation complète du son. Pour un son pur de 680 Hz, la longueur d'onde λ est d'environ 50 cm (λ = c/f, où c est la vitesse du son, environ 343 m/s à 20°C).

En pratique, les deux smartphones ne sont pas des sources parfaitement cohérentes : leurs horloges internes diffèrent légèrement, si bien que les deux fréquences ne sont jamais rigoureusement identiques. La figure d'interférence dérive alors lentement dans le temps (les zones de silence se déplacent). Si le motif bouge trop vite pour être cartographié, on peut brancher deux haut-parleurs sur un même smartphone : les deux sources sont alors réellement cohérentes.

Les interférences suivent un motif spatial précis: la distance entre deux zones d'interférence destructive consécutives est de λ/2, soit environ 25 cm pour 680 Hz. Ce phénomène est exploité dans la technologie de réduction active du bruit. Les casques anti-bruit utilisent des microphones pour capter les sons ambiants, puis génèrent instantanément une onde sonore de même amplitude mais en opposition de phase (décalée de 180°). La superposition de ces deux ondes crée une interférence destructive qui atténue significativement le bruit perçu.

Cette technologie est particulièrement efficace pour les sons à basse fréquence et relativement constants (comme le grondement d'un moteur d'avion), mais moins pour les sons aigus ou soudains en raison des limites de réactivité du système. L'expérience proposée illustre le mécanisme élémentaire commun à la réduction active du bruit — l'interférence destructive entre deux ondes — mais sous une forme statique : les deux sources créent un champ d'interférence réparti dans l'espace, avec des zones alternées de renforcement et d'annulation. Un casque ANC n'exploite pas ce champ spatial : l'annulation se produit localement, au niveau du tympan, dans le petit volume fermé entre l'écouteur et l'oreille. Le haut-parleur y superpose en temps réel une onde en opposition de phase avec le bruit capté par le microphone. Le défi principal de cette technologie réside dans la rapidité et la précision avec lesquelles le système peut analyser le son incident et produire l'anti-bruit correspondant, avec un délai typiquement inférieur à 1 ms.

Extensions possibles

  • Tester différentes fréquences sonores pour observer l'effet sur l'espacement des zones silencieuses.
  • Modifier la distance entre les deux sources sonores et observer les changements dans le motif d'interférence.
  • Réaliser l'expérience dans une pièce plus ou moins réverbérante pour étudier l'effet des échos.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'interférence d'ondes ?

L'interférence d'ondes est le phénomène de superposition de deux ondes qui s'ajoutent ou s'annulent selon leur différence de phase. Pour un son pur de 680 Hz, la longueur d'onde λ est d'environ 50 cm (λ = c/f, où c est la vitesse du son, environ 343 m/s à 20°C).

Comment FizziQ transforme-t-il le microphone en instrument de mesure ?

FizziQ utilise le microphone du smartphone pour mesurer le niveau sonore en décibels, identifier la fréquence fondamentale d'un son et afficher le spectre complet des fréquences. Ces données peuvent être enregistrées et analysées graphiquement.

Quelles sont les principales sources d'erreur ou limites de cette expérience ?

Les deux smartphones ne sont pas synchronisés : leurs fréquences diffèrent légèrement et la figure d'interférence dérive lentement, ce qui déplace les zones de silence. Les réflexions sur les murs et le sol brouillent aussi le motif : privilégier une pièce peu réverbérante, voire l'extérieur.

Pourquoi les zones de silence sont-elles difficiles à localiser précisément ?

Les deux smartphones sont des sources indépendantes : leurs haut-parleurs ne sont pas synchronisés et leurs fréquences peuvent différer très légèrement (par exemple 680,0 Hz et 680,2 Hz). Le motif d'interférence n'est donc pas parfaitement figé : les zones de minimum se déplacent lentement dans l'espace au cours du temps. C'est normal et cela n'empêche pas d'observer l'alternance de zones fortes et faibles ; il faut simplement repérer les minima sur de courtes durées plutôt que de s'attendre à des points fixes.

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Cette activité fait partie de nos ressources sur le son. Pour approfondir la mesure et l'analyse du son (oscillogramme, spectre, spectrogramme, décibels) et retrouver les douze expériences, consultez notre guide complet pour mesurer et analyser le son avec un smartphone ou un ordinateur.

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