Pression et fluides 1re–Supérieur 10 minutes

Dépressurisation au baromètre

Étude de la dépressurisation et des lois des gaz via les toilettes d’avion.

Par Christophe Chazot · Mis à jour le 15 janvier 2025

Illustration de l'activité Dépressurisation au baromètre

Description détaillée

Les toilettes des avions modernes fonctionnent sur un principe fondamentalement différent des toilettes conventionnelles. Au lieu d'utiliser la gravité et un volume d'eau important, elles exploitent un système de vidange à vide. Ce choix s'explique par plusieurs facteurs: économie d'eau, réduction de poids, et fonctionnement indépendant de l'orientation de l'appareil. Lorsque la chasse est actionnée, une vanne s'ouvre brièvement entre la cuvette et un conduit maintenu en dépression.

Cette différence de pression crée une aspiration puissante qui évacue les déchets vers un réservoir central. Ce phénomène entraîne une chute momentanée de la pression atmosphérique dans la cabine des toilettes, généralement de l'ordre de 5-15 hPa (soit environ 0,6 à 2 % de la pression cabine). Le baromètre d'un smartphone, capable de mesurer des variations de l'ordre de 0,1 hPa, est parfaitement adapté pour détecter ce changement. La pression dans la cabine d'un avion de ligne est maintenue autour de 750-800 hPa (équivalent à une altitude de 1800-2400 mètres), bien inférieure à la pression au niveau de la mer (1013 hPa).

Cette pressurisation partielle représente un compromis entre le confort des passagers et les contraintes structurelles de l'appareil. Pour estimer le volume d'air aspiré lors de l'activation de la chasse, on peut appliquer la loi de Boyle-Mariotte (PV = constante pour un gaz à température constante). On applique la loi de Boyle-Mariotte à l'air qui reste dans le local : cet air occupait le volume V₁−ΔV à la pression P₁ et se détend pour occuper tout le volume V₁ à la pression P₂, d'où P₁(V₁−ΔV) = P₂V₁, soit ΔV = V₁×(P₁−P₂)/P₁. On suppose l'aspiration assez rapide pour que la réalimentation en air par la porte soit négligeable pendant la chute, et la détente isotherme (acceptable car ΔP/P ≈ 1 %). Pour une cabine de toilettes d'environ 2 m³ et une chute de pression de 10 hPa à partir de 800 hPa, cela représente environ 25 litres d'air aspiré en quelques secondes, expliquant le bruit caractéristique et la sensation physique lors de l'utilisation de ces installations.

D'où vient la dépression du conduit ? En croisière, il suffit d'ouvrir une vanne vers l'extérieur : la pression atmosphérique y est très basse (~200-300 hPa à l'altitude de croisière), ce qui aspire violemment le contenu de la cuvette sans aucune pompe. Une pompe à vide n'est nécessaire qu'au sol et à basse altitude. C'est pourquoi ce système à dépression est préféré à une chasse gravitaire : il économise l'eau, allège l'avion et fonctionne quelle que soit l'assiette de l'appareil.

FizziQ exploite le baromètre intégré du smartphone pour enregistrer en temps réel cette chute de pression et consigner courbe, valeurs et conclusions dans le cahier d'expérience partageable de l'application.

Objectifs pédagogiques

  • Comprendre le principe de dépressurisation dans un système ouvert (de l'air est extrait, puis remplacé).
  • Mesurer une variation de pression à l’aide d’un baromètre numérique.
  • Appliquer la loi de Boyle-Mariotte à une situation réelle.
  • Relier un phénomène technique à des lois physiques fondamentales.

Concepts scientifiques

Instruments et capteurs

Instruments scientifiques

  • Pression atmosphérique

Capteurs

  • Baromètre

Fonctionnalités FizziQ

  • Cahier d'expérience — Consigner le graphique, les mesures de pression et les conclusions de l'activité.
  • Partage — Partager le cahier d'expérience complété une fois l'analyse terminée.

Matériel nécessaire

  • Smartphone équipé d'un capteur barométrique, avec l'application FizziQ pour l'acquisition des données du baromètre
  • Un vol en avion
  • Cahier d'expérience FizziQ
  • Note : le protocole reste adaptable à tout autre outil d'acquisition barométrique comparable.

Protocole expérimental

1

Sais-tu pourquoi la chasse des toilettes d'un avion produit un tel bruit d'aspiration ? Ce bruit trahit une brusque dépression : nous allons mesurer cette chute de pression et ce qui la suit.

2

Sur un smartphone équipé d'un baromètre (la plupart des iPhone récents et beaucoup d'Android), ouvre FizziQ et sélectionne la mesure Pression atmosphérique.

3

Choisis ton emplacement : depuis ton siège ou à l'intérieur des toilettes. L'effet est mesurable dans les deux cas, mais nettement plus marqué au plus près de la cuve.

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Pose le smartphone bien immobile, démarre l'enregistrement et laisse-le tourner quelques secondes au repos pour fixer une pression de référence. Quelle valeur lis-tu ? (En croisière, autour de 750-800 hPa.)

5

Actionne la chasse (ou attends qu'un passager le fasse, si tu mesures depuis ton siège) et continue d'enregistrer pendant toute la vidange et les secondes qui suivent.

6

Arrête l'enregistrement et observe la courbe. Repères-tu une chute brutale de pression, puis une remontée ? Mesure l'amplitude de la chute (en hPa) et sa durée.

7

Regarde la phase de remontée : la pression revient-elle à sa valeur de départ ? D'où vient cet air qui « comble » la dépression ? Le volume aspiré (quelques dizaines de litres) est minuscule devant le volume pressurisé de l'avion : ce n'est donc pas le système de pressurisation qui réagit, mais l'air de la cabine qui reflue passivement dans les toilettes par les fentes de la porte et la ventilation. Combien de temps met la pression à se rétablir d'après ta courbe ? Cette durée caractérise la « fuite » du local, un peu comme la décharge d'un condensateur.

8

Si possible, refais la mesure depuis l'autre emplacement et compare les deux chutes. Où l'effet est-il le plus fort, et pourquoi ?

9

À l'aide de la loi de Boyle-Mariotte (PV = constante), estime le volume d'air aspiré. Pourquoi les avions utilisent-ils ce système à dépression plutôt qu'une chasse classique ?

10

Ajoute le graphique, tes mesures et tes conclusions à ton cahier d'expérience, puis partage-le.

Résultats attendus

Lors de l’activation de la chasse d’eau, une chute rapide de pression atmosphérique est observée.

La pression revient progressivement à sa valeur initiale quelques secondes après l’activation.

L’amplitude de la chute de pression permet d’estimer le volume d’air aspiré lors de la vidange.

Les mesures obtenues illustrent la relation entre pression et volume décrite par la loi de Boyle-Mariotte.

Questions scientifiques possibles

  • Comment le système de pressurisation de l'avion compense-t-il une chute de pression locale ?
  • Pourquoi la pression revient-elle à sa valeur initiale après la chasse, au lieu de rester basse ?
  • La vitesse de remontée de la pression nous renseigne-t-elle sur la réactivité du système de pressurisation ?
  • Pourquoi l'effet est-il plus marqué à l'intérieur des toilettes qu'au niveau du siège ?
  • Comment la loi de Boyle-Mariotte permet-elle d'estimer le volume d'air aspiré ?

Explications scientifiques

Les toilettes des avions modernes fonctionnent sur un principe fondamentalement différent des toilettes conventionnelles. Au lieu d'utiliser la gravité et un volume d'eau important, elles exploitent un système de vidange à vide. Ce choix s'explique par plusieurs facteurs: économie d'eau, réduction de poids, et fonctionnement indépendant de l'orientation de l'appareil. Lorsque la chasse est actionnée, une vanne s'ouvre brièvement entre la cuvette et un conduit maintenu en dépression.

Cette différence de pression crée une aspiration puissante qui évacue les déchets vers un réservoir central. Ce phénomène entraîne une chute momentanée de la pression atmosphérique dans la cabine des toilettes, généralement de l'ordre de 5-15 hPa (soit environ 0,6 à 2 % de la pression cabine). Le baromètre d'un smartphone, capable de mesurer des variations de l'ordre de 0,1 hPa, est parfaitement adapté pour détecter ce changement. La pression dans la cabine d'un avion de ligne est maintenue autour de 750-800 hPa (équivalent à une altitude de 1800-2400 mètres), bien inférieure à la pression au niveau de la mer (1013 hPa).

Cette pressurisation partielle représente un compromis entre le confort des passagers et les contraintes structurelles de l'appareil. Pour estimer le volume d'air aspiré lors de l'activation de la chasse, on peut appliquer la loi de Boyle-Mariotte (PV = constante pour un gaz à température constante). On applique la loi de Boyle-Mariotte à l'air qui reste dans le local : cet air occupait le volume V₁−ΔV à la pression P₁ et se détend pour occuper tout le volume V₁ à la pression P₂, d'où P₁(V₁−ΔV) = P₂V₁, soit ΔV = V₁×(P₁−P₂)/P₁. On suppose l'aspiration assez rapide pour que la réalimentation en air par la porte soit négligeable pendant la chute, et la détente isotherme (acceptable car ΔP/P ≈ 1 %). Pour une cabine de toilettes d'environ 2 m³ et une chute de pression de 10 hPa à partir de 800 hPa, cela représente environ 25 litres d'air aspiré en quelques secondes, expliquant le bruit caractéristique et la sensation physique lors de l'utilisation de ces installations.

D'où vient la dépression du conduit ? En croisière, il suffit d'ouvrir une vanne vers l'extérieur : la pression atmosphérique y est très basse (~200-300 hPa à l'altitude de croisière), ce qui aspire violemment le contenu de la cuvette sans aucune pompe. Une pompe à vide n'est nécessaire qu'au sol et à basse altitude. C'est pourquoi ce système à dépression est préféré à une chasse gravitaire : il économise l'eau, allège l'avion et fonctionne quelle que soit l'assiette de l'appareil.

Extensions possibles

  • Réaliser des mesures à différents moments du vol pour observer l’influence de l’altitude sur la pression.
  • Comparer les variations de pression dans différents espaces confinés.
  • Utiliser les mesures obtenues pour comparer différents modèles théoriques de variation de volume.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la pression atmosphérique ?

La pression atmosphérique est la pression exercée par le poids de la colonne d'air au-dessus d'une surface, c'est-à-dire la force pressante rapportée à l'aire de cette surface : environ 1013 hPa au niveau de la mer, et 750-800 hPa dans la cabine d'un avion de ligne en croisière.

Comment le smartphone peut-il mesurer la pression atmosphérique ?

Le baromètre intégré au smartphone mesure la pression atmosphérique en hectopascals avec une grande précision. FizziQ enregistre ces variations en temps réel, permettant de détecter des changements d'altitude de quelques mètres.

Comment intégrer cette activité dans un cours de physique au lycée ?

Cette activité s'inscrit dans le programme du lycée sur la pression et les fluides. Elle peut être réalisée en TP (1h), en classe inversée ou à la maison. FizziQ permet un travail en autonomie avec un simple smartphone.

Prêt à commencer ?

Téléchargez FizziQ et lancez cette activité avec vos élèves.