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Saut à la perche

Analyse cinématique des mouvements d'une perchiste

Le saut à la perche est souvent considéré comme la discipline la plus technique de l'athlétisme. L'athlète doit coordonner une course d'élan rapide, un plant de perche précis, un retournement gymnique et un franchissement aérien, le tout en quelques secondes. Derrière cette prouesse sportive se cache une physique remarquable : l'énergie cinétique de la course est convertie en énergie élastique dans la perche, puis en énergie potentielle de pesanteur au sommet du saut. Sergueï Bubka, premier homme à franchir 6 mètres, illustre la perfection de cette conversion énergétique. Mais l'énergie mécanique finale est-elle vraiment égale à l'énergie initiale ? L'athlète apporte-t-il un supplément d'énergie par son travail musculaire ? Cette activité propose d'utiliser l'outil d'analyse cinématique de FizziQ pour décortiquer chaque phase du mouvement, calculer les énergies en jeu et répondre à ces questions fascinantes.

Résumé : 

L'élève analyse une vidéo de saut à la perche image par image avec le module cinématique de FizziQ. Il identifie les phases du mouvement (butée, retournement, redressement, lâcher, apogée), calcule les vitesses Vx et Vy, et réalise un bilan énergétique complet. L'analyse révèle que l'athlète ajoute de l'énergie au système par son travail musculaire.

Niveau :

Auteur : 
Durée : 

Lycée

FizziQ

50-60

Objectif pédagogique : 

- Utiliser le module d'analyse cinématique de FizziQ pour pointer les positions d'un athlète
- Identifier les différentes phases d'un mouvement complexe
- Calculer les composantes horizontale et verticale de la vitesse
- Réaliser un bilan énergétique (énergie cinétique, potentielle, élastique)
- Analyser les transferts d'énergie et identifier le travail musculaire de l'athlète

Concepts scientifiques :

- Cinématique du point
- Transferts d'énergie mécanique
- Énergie potentielle élastique
- Énergie cinétique et potentielle de pesanteur
- Conservation et non-conservation de l'énergie
- Biomécanique sportive

Capteurs :

- Module d'analyse cinématique (pointage vidéo)
- Caméra (lecture vidéo image par image)

Matériel :

- Smartphone ou tablette avec FizziQ
- Vidéo "Saut à la perche" de la bibliothèque FizziQ
- Cahier d'expérience FizziQ

Protocole expérimental :

  1. Ouvre la vidéo Saut à la perche dans l'outil Cinématique de FizziQ.

  2. Mets la vidéo à l'échelle en utilisant un repère de dimension connue, puis pointe les différentes positions de l'athlète image par image.

  3. Quelle partie du corps as-tu choisi pour le pointage ? Explique pourquoi ce choix est important pour l'analyse.

  4. Étudie la trajectoire de l'athlète dans ton cahier. Identifie les différentes étapes du mouvement : la butée, le retournement, le redressement, le lâcher et l'apogée.

  5. Ajoute à ton cahier les vitesses Vx et Vy de l'athlète. Sur le graphique Vx, identifie le moment de la butée et celui du lâcher.

  6. Sur le graphique Vy, détermine le moment de l'apogée (Vy = 0) et celui où la perche est détendue.

  7. Ajoute à ton cahier l'énergie potentielle et cinétique en supposant que l'athlète pèse 55 kg et que le poids de la perche est négligeable.

  8. L'énergie mécanique est-elle conservée au cours du saut ? Où disparaît l'énergie manquante ?

  9. Estime l'énergie maximale stockée dans la perche sous forme élastique.

  10. En comparant l'énergie mécanique initiale et finale, détermine si une énergie supplémentaire a été ajoutée par l'athlète au système.

  11. Quels mouvements de l'athlète ont pu fournir cette énergie additionnelle ? À quel moment du saut ?

  12. Documente ton analyse complète en ajoutant du texte et des photos dans ton cahier d'expérience.

Résultats attendus

La trajectoire montre un mouvement complexe en plusieurs phases bien distinctes. La vitesse horizontale Vx chute brutalement au moment de la butée (de ~9 m/s à ~2 m/s) puis se stabilise à une faible valeur après le lâcher. La vitesse verticale Vy passe par zéro à l'apogée. L'énergie cinétique initiale (environ 2200 J pour 55 kg à 9 m/s) se convertit partiellement en énergie potentielle (~2700 J à 5 m de hauteur). La différence positive (environ 500 J) provient du travail musculaire de l'athlète, principalement pendant le retournement et le redressement. Le bruit de pointage peut introduire des fluctuations de ±5 % sur les vitesses calculées.

Questions scientifiques :

- Pourquoi le choix du point de pointage sur le corps de l'athlète influence-t-il les résultats ?
- D'où provient l'énergie supplémentaire observée entre le début et la fin du saut ?
- Quel rôle joue l'élasticité de la perche dans la performance ?
- Pourquoi l'énergie mécanique n'est-elle pas conservée malgré l'absence apparente de frottements importants ?
- Comment un athlète pourrait-il optimiser sa technique pour gagner quelques centimètres supplémentaires ?

Analyse scientifique

Le saut à la perche est l'un des mouvements sportifs les plus complexes, combinant course, conversion d'énergie cinétique en élastique, et mouvement gymnique. L'analyse cinématique révèle plusieurs phases distinctes : la course d'élan où l'athlète accumule de l'énergie cinétique horizontale (Ec = ½mv²), la butée où la perche est plantée dans le butoir, la flexion où la perche se plie en convertissant l'énergie cinétique en énergie potentielle élastique (Epe = ½kx²), le retournement, la détente de la perche, le redressement et enfin le lâcher suivi de l'apogée.


Sur le graphique de vitesse horizontale (Vx), la butée apparaît comme une décélération brutale, et le lâcher comme une stabilisation à faible vitesse. Sur le graphique de vitesse verticale (Vy), l'apogée correspond au moment où Vy = 0.


Le bilan énergétique montre que l'énergie mécanique finale au moment du franchissement est généralement supérieure à l'énergie initiale en fin de course d'élan. Cette énergie additionnelle provient du travail musculaire de l'athlète pendant le saut, notamment lors du retournement et du redressement. Un sauteur élite de 70 kg courant à 9 m/s possède une énergie cinétique initiale d'environ 2800 J. La perche peut stocker jusqu'à 1500-2000 J, et l'athlète peut ajouter 400-600 J par son travail musculaire.


La complexité technique de ce mouvement explique pourquoi cette discipline nécessite des années de formation spécifique. Cette analyse illustre la puissance de la physique pour comprendre et optimiser les performances sportives.

Variantes possibles

- Comparer le saut à la perche avec un saut en hauteur pour analyser les différences de conversion énergétique
- Étudier l'influence de la vitesse de course d'élan sur la hauteur franchie
- Analyser un saut raté pour identifier les erreurs techniques
- Comparer les sauts masculins et féminins en termes de vitesse et d'énergie

FAQ

Q: Comment choisir le point de pointage sur l'athlète ?
R: Le centre de masse est le point idéal, souvent approximé par le bassin ou la hanche. Le casque ou la tête sont plus visibles mais suivent des trajectoires légèrement différentes du centre de masse, surtout pendant le retournement.

Q: Comment fonctionne le module d'analyse cinématique de FizziQ ?
R: Le module permet de pointer image par image la position d'un objet sur une vidéo. FizziQ calcule automatiquement la trajectoire, la vitesse et l'accélération, et génère les graphiques correspondants que l'on peut ajouter au cahier d'expérience.

Q: Pourquoi l'énergie mécanique finale est-elle supérieure à l'énergie initiale ?
R: L'athlète fournit un travail musculaire supplémentaire pendant le saut, notamment lors du retournement et du redressement. Ce travail interne ajoute de l'énergie au système, ce qui explique que la hauteur franchie dépasse ce que permettrait la seule conversion de l'énergie cinétique initiale.

Q: Quelles sont les principales sources d'erreur ?
R: Les erreurs proviennent principalement de la précision du pointage (±1 pixel), de l'étalonnage de l'échelle, des effets de perspective de la caméra, et du choix du point de suivi sur le corps de l'athlète.

➡️ Télécharger cette activité depuis l'application FizziQ (Activités > ➕ > Catalogue d'activités)

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